Comment fonctionne la cession dailly ?

La cession Dailly est une méthode de financement à court terme similaire à l’affacturage et à l’escompte bancaire. Lancée en 1981, elle partage le même objectif que ses deux homologues : permettre à des entreprises de financer rapidement leurs créances clients. Pour autant, la cession Dailly comporte plusieurs spécificités qui font d’elle une technique bien particulière. Comment fonctionne t-elle ? Quels sont les coûts inhérents à cette solution ? Ses avantages et limites ? Voici ce que vous devez savoir.

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Fonctionnement

L’entreprise choisissant de recourir à la cession Dailly est appelée le cédant et la banque le cessionnaire. Dans un premier temps, les deux parties doivent mettre en place une convention Dailly (le contrat définissant entre autres les créances qui peuvent être cédées ou encore le plafond de financement). Cela fait, la société doit remettre à la banque l’ensemble des factures commerciales qu’elle souhaite financer par le biais d’un ou plusieurs bordereaux Dailly.

Lorsque la banque entre en possession du bordereau, elle concède au cédant une avance de trésorerie. Les clients de l’entreprise dont les créances ont été cédées dans le cadre de la cession Dailly en sont généralement (sauf en cas de procédure anonyme, que peut demander l’entreprise) informés et devront par la suite adresser leurs paiements à la banque.

A savoir qu’une entreprise peut céder uniquement ses factures professionnelles (avec des personnes morales). Celles contractées dans le cadre d’une transaction avec une personne physique ne sont pas éligibles à la cession Dailly.

Par ailleurs, là ou l’affacturage offre différentes possibilités de services (prise en charge du poste client, assurance crédit afin de couvrir l’entreprise cédante, etc.), la cession Dailly n’offre pas de services additionnels. L’entreprise doit donc garder à sa charge la gestion du poste client (relance des clients, recouvrement de créances, etc.). De plus, si elle ne parvient pas à obtenir de paiement de la part d’un ou plusieurs de ses débiteurs, la banque finit par rétrocéder l’avance de trésorerie qu’elle avait consentie à avancer à l’entreprise.

Les coûts de la cession Dailly

Une entreprise décidant d’utiliser la cession Dailly afin de financer des créances clients va devoir verser de l’argent à la banque avec laquelle elle traite en échange du service rendu, sous la forme de différents frais, listés ci-dessous :

  • Le paiement d’intérêts plus ou moins élevés. Le montant est calculé sur la base des avances octroyées par la banque à son client.
  • Des commissions d’un montant variable en fonction du nombre de bordereaux Dailly transmis.
  • Le paiement des courriers recommandés au moment où la cession des factures est notifiée aux différents clients de l’entreprise cédante.

Finalement, si la cession Dailly reste une technique de financement moins coûteuse que l’affacturage, elle demande tout de même à l’entreprise qui y recourt d’avoir une trésorerie suffisante. En effet, le coût d’une cession Dailly peut représenter jusqu’à 13% du montant HT de chaque facture cédée, ce qui n’est pas négligeable pour les petites structures disposant d’une trésorerie limitée.

Cession Dailly : avantages et limites

Avantages

  • La cession Dailly est une technique qui permet à une entreprise de rapidement financer ses créances clients afin de d’optimiser sa trésorerie en vue d’un investissement ou pour faire face à des difficultés financières par exemple.
  • L’entreprise peut choisir de céder toutes ses créances d’un coup ou de procéder étape par étape, en fonction de ses besoins de trésorerie.
  • Si elle comporte tout de même des coûts, la cession Dailly reste une solution moins onéreuse que l’affacturage.

Limites

  • La banque ne prend pas en charge la gestion du poste client et peut débiter du compte de l’entreprise le montant des factures qui n’ont pas été réglées par les différents débiteurs. La société doit donc tout faire pour récupérer l’argent des créances qu’elle est parvenue à se faire financer, ce qui peut être une tâche fastidieuse et chronophage face à des mauvais payeurs.
  • La banque peut refuser de financer certaines factures estimées trop risquées, obligeant l’entreprise à se débrouiller par elle-même.
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